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Elior Mor Yosef

« Il m’a demandé de regarder un film pornographique, où il n’y avait que des femmes, et il voulait savoir si cela changeait quelque chose, si cela renforçait ma virilité » – témoignage d’Elior Mor Yosef

Elior Mor-Yosef a grandi avec le sentiment d'être différent et a entrepris des traitements pour faire disparaître son attirance pour les hommes. Aujourd'hui, il porte un regard lucide sur l'injustice dont il a été victime, ainsi que d'autres.

Intervieweuse : Orit Navon | Rédacteur et transcripteur : Gil Friedman


Transcription de l'interview :

Il voulait me « réparer », non pas pour mon bien, mais pour le sien.

Pour purifier la société.
Pour purifier la société.
Je me souviens de jours où, allongé dans mon lit, j'essayais encore et encore d'imaginer une fille, sans succès. Alors je me disais : « Ça suffit », comme si j'étais fichu, que je ne pouvais pas aller bien.

C'est dur.
C'est dur.
J'ai suivi une thérapie de conversion avec un rabbin qui était aussi thérapeute. Beaucoup de gens venaient le consulter pour ce problème. C'était un expert en la matière.

Un expert en conversion.
Absolument. Je dois dire qu'au début, j'aimais beaucoup aller le voir. C'était quelqu'un de gentil et drôle, j'appréciais de lui parler. J'étais très motivé et j'ai coopéré pendant la thérapie parce que je savais que j'avais une chance de m'en sortir.
Sa méthode consistait à m'endormir par hypnose.

C'était un hypnotiseur certifié, il avait une licence pour faire ça ? L'hypnose ?
Je ne sais pas, je ne crois pas. Il me faisait remonter à ma petite enfance. Il me disait que ma relation avec mon père n'était pas bonne, que mon père n'était pas assez viril, et que c'est pour ça que j'avais fait mon coming out. Alors qu'ils étaient formidables.

Tu as parlé de ça à ton père, de ce diagnostic ?
Oui, il a dit : « D'accord. » On a réfléchi à beaucoup de choses…
Je me souviens que pendant ma thérapie, le thérapeute m'a dit : « Vous ne serez peut-être pas attiré par les femmes, mais au moins vous ne serez pas attiré par les hommes.»

Ah.
Oui.


Comme si tu n'aurais aucune attirance sexuelle.
Oui.
Et il a dit que plus tard, une fois que j'aurais refoulé mon attirance pour les hommes, je pourrais développer une attirance pour les femmes présente en chaque être humain.
On voyait, par exemple, des photos comme ça sur Facebook et des articles sur les gays : « Voilà la vie des gays, et crois-moi, tu ne veux pas de ça. Il y a de la drogue, l'alcool, les fêtes, la solitude, beaucoup de suicides. Regarde-nous, une belle vie communautaire, des mariages.»

Plus tard, à un stade plus avancé, il m'a dit : « Essaie de me trouver une personne qui t'attire.» J'avais du mal à en trouver une, alors je lui ai donné le nom d'une voisine qui me ressemblait un peu, peut-être mignonne, et il me disait : « Eh bien, je veux que tu l'imagines quand tu te masturbes, que tu imagines que tu fais l'amour avec elle.» Et après chaque séance, je devais lui raconter ce que j'avais ressenti. Je décrivais vraiment en détail le déroulement du processus.

Ça paraît complètement pervers, non ?
Oui, mais comme si ça avait un but précis. Comme si ça devait me guérir. C'est terrible et horrible quand un thérapeute ne vient pas pour le bien du patient, mais qu'il mêle ses opinions personnelles à la thérapie et partage avec vous, en pleine séance, sa vie sexuelle avec sa femme, comment elle est bien ou mal, comment elle est censée être. Un homme avec un homme, ce n'est pas naturel, c'est dégoûtant, c'est désagréable, et quand je le fais avec ma femme, c'est le pied total.
Plus tard, il m'a aussi demandé de regarder un film indécent, un soi-disant film pornographique, avec uniquement des femmes, et il voulait savoir si ça changeait quelque chose, si ça renforçait ma virilité.
Mais en réalité, il m'encourage à faire des choses interdites, c'est-à-dire à éjaculer sans raison, à regarder les femmes.
Il disait que c'était permis parce que ça pouvait sauver des vies, que ça n'existait pas par hasard, qu'on pouvait s'en servir pour quelque chose de bien, pour une thérapie.
Je rentrais chez moi triste. Je me disais : « Tu es malade, pervers, et tu dois absolument t'en débarrasser au plus vite.» Ça a été un coup dur pour mon identité.
J'étais sociable, tout à coup, je suis devenu silencieux, introverti, replié sur moi-même. C'est comme si je me disais : « Je n'ai pas réussi, je suis incapable de contrôler quoi que ce soit d'essentiel, je suis un pécheur.»
À quoi bon vivre ?


Tu avais quelqu'un à qui parler à cette époque et qui te comprenais ?
Plus tard, j'ai eu la chance d'être accompagné par un travailleur social laïc. Je lui ai parlé de ces traitements, et il a été profondément choqué. Il m'a dit : « Laissez-vous tranquille, ne vous préoccupez plus de votre sexualité. Vivez qui vous êtes, tout ira bien. » Et puis, comme par magie, le traitement a cessé grâce à lui.

Dit-moi, à quel moment a-tu cessé de considérer cela comme un problème ?
À l'armée.
J'ai quitté la communauté haredi. Je me souviens avoir parlé à mes deux commandants et leur avoir dit que j'étais gay. C'était en quelque sorte une forme de réparation pour ce que j'avais subi pendant ces traitements, ces thérapies de conversion.
Je me souviens aussi que, plus tard, alors que mes parents savaient déjà que j'étais gay, une entremetteuse s'asseyait à côté de moi pendant toute la prière et essayait de me convaincre : « Allez, Elior, tu n'es plus un enfant.» Et je me souviens m'être dit à ce moment-là : « J'aimerais pouvoir lui demander de me présenter quelqu'un. »
Alors, quand j'étais jeune, j'ai laissé un mot sur le Mur occidental et j'ai dit que je voulais épouser une femme. Plus tard, je me suis dit qu'il fallait que je trouve l'âme sœur.
Et je l'ai trouvée.
Le Saint, béni soit-Il, a entendu ma prière. Je l'ai trouvée. J'ai trouvé quelqu'un de merveilleux. Nous sommes ensemble depuis quatre ans.

C'est génial !
C'est formidable ! Oui !

Que répond-tu à ceux qui disent que certaines personnes trouvent cela utile, que les thérapies de conversion fonctionnent pour certains ?
Je ne connais personne qui s'en soit sorti, je connais des gens qui disent s'en être sortis. J'ai un ami qui a aussi suivi une thérapie et je sais qu'il est marié, et qu'il trompait sa femme, malheureusement.

Avec des hommes ?
Avec des hommes. J'ai le sentiment d'avoir été lésé, quand j'y pense, et en ce moment même, alors que des garçons vivent la même chose, c'est extrêmement frustrant et c'est légal.

Enchanté(e) de faire votre connaissance !

N'hésitez pas à rester en contact.

Courriel du centre : Hamara@havruta.org.il

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