
Est-ce mon cas ?
Il arrive que des personnes de notre entourage, soucieuses de notre bien-être et animées de bonnes intentions, nous orientent, à notre insu, vers des « thérapies » de conversion. Le fait que le thérapeute que j'ai consulté possède des diplômes et une formation en psychologie, psychiatrie ou en travail social ne suffit pas !
Malheureusement, même des personnes conscientes des dangers de ces thérapies abusent de leur titre pour les pratiquer. Dès lors, si les bonnes intentions de notre entourage ne suffisent pas, et si un diplôme officiel n'est pas une garantie suffisante, comment savoir si je suis sous thérapie de conversion ?

La thérapie de conversion est une thérapie orientée vers un objectif précis. Pour déterminer si vous êtes dans une, il est important d'examiner son but et ses objectifs, et pas seulement le langage utilisé par le/la thérapeute.
1. Quel problème la thérapie tente-t-elle de résoudre ?
Posez-vous les questions suivantes :
Pourquoi suis-je en thérapie ?
Quel est, selon le/la thérapeute, le « problème » ?
Si le problème est défini comme l'orientation sexuelle ou l'identité de genre elle-même, c'est un signe fort qu'il s'agit d'une thérapie de conversion.
2. L'accent est-il mis sur la paix intérieure et le bien-être, ou sur l'effacement de l'identité ?
Une thérapie saine vise à :
Vous aider à trouver la paix intérieure, l’acceptation de soi et un fonctionnement optimal
Soutenir votre santé mentale et votre qualité de vie globale
Découvrir comment vivre de manière authentique et en toute sécurité dans votre situation actuelle
La thérapie de conversion, en revanche :
Considére une disposition ou une identité comme quelque chose à supprimer ou à éliminer
Présente le changement comme une condition de guérison ou de conformité morale
Privilégie la conformité à la santé mentale
3. La thérapie ouvre-t-elle la voie à l’avenir ou tente-t-elle de vous « réparer » ?
Une thérapie saine n’est pas superficielle. Elle ne cherche pas à supprimer une identité ou un comportement pour rendre une personne « acceptable ». Au contraire, elle :
- Travaille en collaboration avec le patient.
- Se concentre sur la construction d'un avenir porteur de sens et durable.
- Respecte l'autonomie et l'identité personnelle.
Si le traitement considère l'orientation sexuelle ou l'identité de genre comme un obstacle à éliminer, plutôt que comme une réalité à comprendre et à intégrer, il s'agit probablement d'une thérapie de conversion.
Lorsqu'on recherche un accompagnement spirituel, des tensions surgissent presque toujours entre la foi, l'identité et la communauté. La question cruciale est de savoir comment résoudre ces tensions. Un accompagnement spirituel sain offre un espace à la conscience, au discernement et à la responsabilité personnelle, et accompagne la personne sur son chemin vers une vie de foi et de sens.
Il ne cherche pas à imposer des réponses toutes faites et n'exige pas un renoncement à soi-même comme condition d'appartenance.
Lorsque l'accompagnement n'accorde son acceptation qu'après un changement, définit l'appartenance religieuse comme un déni d'identité, ou fixe un résultat prédéfini comme condition de légitimité spirituelle, il bascule dans la thérapie de conversion. Un chemin qui exige d'effacer qui l'on est pour marcher avec Dieu n'est pas un accompagnement spirituel, mais une coercition.
